Les huitièmes de finale de la Coupe du Monde de la FIFA, États-Unis 1994™ ont été marqués par une confrontation palpitante entre le Nigeria et l’Italie. Triples champions du monde et troisièmes de l’édition précédente, les Azzurri ont abordé le match avec la faveur des pronostics.

De leur côté, les Super Eagles vivaient leur première aventure mondialiste. S’ils sont passés tout près de signer l’une des plus grosses surprises du tournoi, ce sont en définitive les favoris qui ont eu le dernier mot en prolongation grâce à Roberto Baggio, auteur du but qui a ouvert la voie à une nouvelle apparition de l’Italie en finale.

📝 En bref

** Nigeria 1-2 (app) Italie

5 juillet 1994 | Foxboro Stadium, Boston

Buts

Nigeria : Emmanuel Amuneke (25′) | Italie : Roberto Baggio (88′, 102′)

Composition Nigeria : Peter Rufai (c), Augustine Eguavoen, Uche Okechukwu, Chidi Nwanu, Finidi George, Jay Jay Okocha, Emmanuel Amuneke (Thompson Oliha 57′), Daniel Amokachi (Mutiu Adepoju 35′), Sunday Oliseh, Michael Emenalo, Rasheed Yekini

Composition Italie : Luca Marchegiani, Antonio Benarrivo, Alessandro Costacurta, Paolo Maldini (c), Roberto Mussi, Roberto Baggio, Demetrio Albertini, Nicola Berti (Dino Baggio 45′), Roberto Donadoni, Daniele Massaro, Giuseppe Signori (Gianfranco Zola 65′)

👇 Le contexte

Après plusieurs échecs successifs dans les qualifications africaines, le Nigeria a fêté son baptême du feu mondialiste à États-Unis 1994. Versés dans un groupe relevé comprenant l’Argentine, la Grèce et la Bulgarie, les Super Eagles ont déjoué toutes les attentes. Au terme de deux victoires sur la Bulgarie et la Grèce et d’une défaite contre l’Argentine, ils se sont adjugé la tête de la poule pour atteindre les huitièmes de finale dès leur première participation à la Coupe du Monde.

L’Italie a, en revanche, peiné pour franchir la phase de groupes. À égalité de points et de buts avec leurs trois adversaires de la poule E (Mexique, République d’Irlande, Norvège), les Azzurri ont poursuivi leur route à la faveur d’une réalisation de plus que les Norvégiens.

© Getty Images

⚔️ Les clés du match

  1. Inversion du rapport de forces : Après avoir ouvert le score devant un Foxboro Stadium abasourdi, Emmanuel Amuneke est remplacé à la 57ème minute par l’entraîneur Clemens Westerhof, qui a déjà fait sortir Daniel Amokachi dès la 35ème minute. Moins sollicités en défense, les Azzurri multiplient les offensives dans le camp des Nigérians, qui se regroupent peu à peu à l’arrière pour tenter de gagner du temps.
  2. Mission impossible : L’affaire se complique pour l’Italie lorsqu’à la 76ème minute, Gianfranco Zola est exclu 12 minutes seulement après son entrée en jeu pour un tacle jugé violent sur Augustine Eguavoen. Convaincu que son geste ne mérite pas un carton rouge, l’attaquant de poche s’effondre en criant “non, non, non”, et refusera de quitter le terrain jusqu’à ce que les joueurs nigérians parviennent à le calmer.
  3. Une erreur évitable : Après son rôle dans le carton rouge de Zola, Eguavoen offre à son tour un penalty aux Italiens en fauchant Benarrivo par derrière à l’entrée de la surface. Baggio convertit sa frappe sans trembler, signant du même coup le but de la victoire. “Nous avons perdu le match à cause de ce penalty et j’aurais pu éviter la faute qui l’a provoqué”, a reconnu Eguavoen à l’issue de la rencontre.
GIANFRANCO ZOLA OF ITALY IS SHOWN THE RED CARD© Getty Images

🌟 Un joueur dans le match

Muet en phase de groupes, Roberto Baggio a endossé le costume de héros face au Nigeria en égalisant deux minutes avant la fin du temps réglementaire. “Ce but m’a permis d’évacuer tout le stress qui m’oppressait et j’ai commencé à me sentir plus serein”, a-t-il confié plus tard à ce sujet. L’attaquant a ensuite inscrit le penalty de la victoire d’un tir à ras de terre qui a rebondi sur le poteau avant de finir dans les filets sous les yeux d’un Rufai impuissant.

🎙️Entendu…

“La Coupe du Monde commence maintenant, non seulement pour moi, mais aussi pour l’Italie” – Roberto Baggio, après son doublé face au Nigeria

“Rien n’est joué avant le coup de sifflet final. Mieux vaut ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Nous avions la possession et nous faisions circuler le ballon, mais nous nous sommes déconcentrés. Quand on affronte des joueurs du calibre de Baggio, ce type d’erreur se paie cash.” – Finidi George, milieu du Nigeria

Roberto Baggio scores past Peter Rufai© imago images

🔜 Et après ?

Il Codino a confirmé ses bonnes dispositions dans les rencontres suivantes. En quart de finale, il a marqué le but de la victoire contre l’Espagne, avant d’inscrire un autre doublé devant la Bulgarie pour ouvrir aux siens les portes de la finale face au Brésil. Dans le match au sommet, l’Italie a vu ses rêves de gloire s’envoler quand Baggio a manqué le penalty décisif lors de la séance de tirs au but, un souvenir toujours douloureux pour les supporters azzurri. Les Super Eagles sont, quant à eux, revenus aux États-Unis deux ans plus tard à l’occasion du Tournoi Olympique de Football, Atlanta 1996, où ils se sont couverts d’or. Leur groupe comprenait cinq membres de la sélection 1994, première équipe nigériane à avoir atteint les huitièmes de finale en Coupe du Monde, ce qui reste à ce jour le meilleur résultat des Ouest-Africains dans l’épreuve.