• Kyah Simon est l’une des meilleures buteuses australiennes
  • Elle a pris une part active aux plus grands exploits des Matildas
  • Elle évoque la Coupe du Monde Féminine 2023 et bien d’autres sujets

Il y a 20 ans exactement le mois dernier, l’Australie vivait l’un des plus grands moments de son histoire sportive. Ce jour-là, Cathy Freeman réconcilie tout un pays en devenant la première Australienne indigène à remporter une médaille d’or individuelle en finale du 400 mètres, à Sydney.

À quelques kilomètres de là, la petite Kyah Simon, neuf ans à l’époque, explose de joie devant sa télévision. La jeune fille va puiser dans cette performance hors du commun une motivation inépuisable.

Depuis, à chaque fois que l’équipe d’Australie vit un moment important en Coupe du Monde Féminine de la FIFA™, Kyah Simon est de la partie. Elle signe ainsi l’unique but de la victoire de son équipe sur le Brésil à Canada 2015, offrant à l’Australie sa première (et unique) victoire dans un match à élimination directe de l’épreuve suprême. Quatre ans plus tôt, elle devient la première indigène australienne à marquer en Coupe du Monde Féminine. Cette fois, les Matildas prennent le dessus sur un adversaire européen pour la première (et unique) fois dans cette compétition.

Fière de ses origines, Simon répond toujours présent dans les grands rendez-vous. Tom Sermanni, l’ancien sélectionneur australien, voyait en elle un “sens du jeu inné”. À 18 ans, Simon, toujours elle, tire le penalty qui offre à l’Australie sa première victoire en Coupe d’Asie Féminine de l’AFC.

Pendant une dizaine d’années, la jeune femme a partagé son temps entre la NWSL américaine et la W-League australienne. Elle entame désormais un nouveau chapitre de sa carrière avec le PSV Eindhoven, aux Pays-Bas. Pour FIFA.com, elle revient sur son aventure européenne, la blessure qui l’a privée d’une participation à France 2019, la Coupe du Monde Féminine 2023, qui aura lieu sur ses terres, et ses souvenirs des Jeux Olympiques de Sydney.

Kyah Simon, commençons par remonter le temps. Quel souvenir gardez-vous de la médaille d’or olympique de Cathy Freeman, en 2000 ?

J’étais chez moi [à Western Sydney] et je suivais la course avec toute ma famille. Nous étions vissés devant le poste mais quand Cathy a franchi la ligne, nous avons laissé éclater notre joie. Les Jeux Olympiques nous intéressaient, évidemment, mais sa course était le clou du spectacle à nos yeux, d’autant qu’on en avait énormément parlé avant. Vingt ans plus tard, j’en ai encore la chair de poule. Je m’en souviens comme si c’était hier. C’était un moment inoubliable pour le sport australien, les indigènes d’Australie et le pays en général.

Cette victoire est-elle encore pour vous une source de motivation, en tant qu’athlète indigène ?

Cathy Freeman est mon idole. Quand j’étais enfant, elle était mon modèle. Nous sommes toutes les deux des femmes aborigènes. Nous partageons la même culture et c’est sans doute ce qui explique que son histoire m’ait tant marquée. En tout cas, elle m’a montré que les Aborigènes pouvaient réussir. Pour une petite fille de neuf ans, c’est une leçon extrêmement précieuse.

Le football féminin néerlandais a énormément évolué ces dernières années. Avez-vous également noté une évolution positive depuis votre arrivée en Eredivisie Vrouwen ?

Les progrès sautent aux yeux. J’ai parlé avec mes partenaires et j’ai pu mesurer à quel point les choses ont changé, en mieux, grâce aux efforts réalisés ces dernières années. Certaines joueuses sont là depuis six ou sept ans. Elles m’ont assuré que le championnat avait énormément changé. Il ne fait aucun doute que cette compétition est sur une pente ascendante. L’objectif est de produire la compétition la plus intéressante possible. C’est la raison pour laquelle plusieurs internationales sont revenues au pays. Le PSV est un club géré de façon très professionnelle. Il me fait un peu penser à Mebourne City, qui possède également d’excellentes installations.

Quel regard portez-vous sur votre première expérience en Europe et sur la culture du football sur le Vieux Continent ?

Ça me plaît beaucoup. Je me dis que j’aurais peut-être dû venir ici plus tôt. Peu importe, mieux vaut tard que jamais. Je pense que je vais encore rester quelques années. Vivre et jouer en Europe représente un gros changement pour moi, mais je me suis bien adaptée. Le fait de passer toute l’année au sein d’une même équipe constitue un gros avantage. C’est la première fois que je peux préparer la saison aussi sereinement. Pour une footballeuse, il est essentiel de rester en forme et de prendre soin de son corps. Notre programme me place dans les meilleures conditions pour y parvenir.

De plus, il y a beaucoup de football à la télévision ici, à des heures raisonnables qui plus est. Depuis que je suis arrivée, j’ai l’impression d’être totalement immergée dans le jeu et c’est un aspect qui me plaît énormément.

Qu’avez-vous ressenti en apprenant que la Coupe du Monde Féminine 2023 aurait lieu en Australie et en Nouvelle-Zélande ?

J’étais à Sydney au moment de l’annonce. Quelle expérience ! J’étais folle de joie. J’ai déjà participé à plusieurs Coupes du Monde. Je sais à quel point ces tournois sont extraordinaires, mais vivre un tel événement chez soi, se retrouver au centre de l’attention de tout un pays, comme ça a été le cas pour les Jeux Olympiques en 2000, c’est énorme. C’est évidemment une nouvelle enthousiasmante. Maintenant, j’ai hâte de voir comment les choses vont évoluer au cours des prochaines années.

Avez-vous digéré votre absence lors de France 2019 ?

Ça n’a pas été simple. Je me dis que les choses n’arrivent pas par hasard. Je n’en suis que plus décidée à participer aux prochains grands tournois. Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour être au rendez-vous.

Qu’est-ce qui vous motive le plus : la perspective de jouer devant vos supporters en 2023 ou la déception d’avoir manqué le coche en 2019 ?

Ce qui m’intéresse, c’est de progresser au jour le jour. J’essaye de ne pas me projeter trop loin dans l’avenir. Bien entendu, j’ai quelques objectifs en tête : les Jeux Olympiques 2021, la Coupe d’Asie, la Coupe du Monde et les Jeux Olympiques suivants… J’y pense et je travaille dur pour être appelée. Chaque jour, je tente de repousser mes limites. Je fais le maximum pour être au sommet de ma forme lorsque ces tournois débuteront.