• Le Luxembourg participe pour la première fois aux qualifications pour la Coupe du Monde Féminine
  • Daniel Santos dirige la sélection depuis 2020
  • “Nous aimerions grapiller un point ou deux”, lance-t-il comme objectif

Le Luxembourg participe pour la première fois à la compétition préliminaire de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™. Daniel Santos, à la tête de l’équipe depuis août 2020, sera aux commandes pour cette première campagne, qui s’annonce compliquée. “Nous en avons longtemps discuté au sein de la fédération car nous hésitions”, admet l’entraîneur au micro de FIFA.com. “Nous savions que nous allions nécessairement rencontrer deux ou trois grands noms et que nous allions certainement recevoir quelques corrections. Mais nous aurions eu le même problème dans deux ans. Nous nous posons beaucoup de questions mais, à un moment donné, il faut se jeter à l’eau.”

En guise de baptême du feu, le Luxembourg affrontera l’Angleterre, l’Autriche, l’Irlande du Nord, la Lettonie et la Macédoine du Nord, seule équipe du groupe à être moins bien lotie au Classement mondial féminin FIFA/Coca-Cola. “Nous aimerions grapiller un point ou deux. Le plus important pour nous, c’est d’emmagasiner de l’expérience”, admet Santos, dont l’équipe affiche une moyenne d’âge de 21 ans. “C’est très jeune, mais c’est aussi de bon augure pour l’avenir. Le moment est venu d’apprendre et d’engranger un maximum d’expérience. Mais je suis aussi certain que nous avons les moyens de créer la surprise ; peut-être pas au niveau des résultats, mais au moins dans le jeu.”

Un grand projet et des difficultés

Officiellement fondée en 2003, l’équipe féminine luxembourgeoise n’a que 18 ans d’existence, ce qui fait d’elle l’une des benjamines d’Europe. La fédération espère désormais pérenniser le football féminin au Luxembourg, en s’appuyant sur des bases solides. Cette tâche incombe également à Santos, qui occupe par ailleurs les fonctions de responsable de la formation. “Dans un premier temps, nous voulons introduire le football féminin dans les écoles. Nous souhaitons montrer aux enfants que les filles peuvent et savent jouer au football”, précise-t-il. “À l’issue d’une grande campagne de détection, nous avons repéré 70 joueuses. Elles s’entraînent avec nous une fois par semaine. Les meilleures passent ensuite chez les U-12 et ainsi de suite.”

Pour autant, le football féminin luxembourgeois doit faire face à quelques difficultés. “Nous avons formé des sélections U-14, U-15, U-16 et U-17. Malheureusement, il nous manque encore beaucoup de joueuses. Par exemple, nous ne sommes pas en mesure d’aligner une équipe U-19. Nous accusons un gros déficit dans certaines catégories. Mais nous avançons dans la bonne direction. Dès l’année prochaine, nous présenterons deux nouvelles sélections, en U-12 et U-13.”

Autre particularité luxembourgeoise : le pays compte près de 48% d’étrangers. On recense ainsi près de 170 nationalités différentes sur le territoire du Grand-Duché. “Ces joueuses s’entraînent avec nous, mais elles ne sont pas autorisées à jouer en match officiel. Nous nous sommes inscrits pour les qualifications de la Coupe du Monde Féminine U-17, qui commencent en septembre. Nous avons six ou sept joueuses qui s’entraînent avec nous, mais qui ne disposent pas de passeport luxembourgeois”, constate Santos.

Motivation et enthousiasme

L’annonce de la participation du Luxembourg aux préliminaires d’Australie/Nouvelle-Zélande 2023 a toutefois suscité un certain intérêt dans le pays, que la fédération espère entretenir sur les réseaux sociaux. À partir de septembre, tous les dix jours, une joueuse sera à l’affiche sur les différentes plateformes. “À travers ces initiatives, nous voulons montrer aux filles qu’elles ont leur place dans le football”, assure Santos, qui peut s’appuyer sur une génération de joueuses pleines d’enthousiasme.

“Ce groupe ne pense qu’au football, du matin au soir. Après quelques séances d’entraînement et quelques conversations, je me suis rendu compte qu’elles attendaient simplement que quelqu’un prenne les choses en main. Elles voulaient qu’on leur dise : ensemble, on peut y arriver. Nous nous sommes entraînés par -10 degrés. Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vante, personne ne manque jamais à l’appel”, se félicite le technicien de 39 ans.

La meilleure preuve, Santos l’a eue l’année dernière, avant d’affronter les Îles Féroé en amical. Malheureusement, la rencontre a dû être annulée annuler en raison de la pandémie de Covid-19. “Quand j’ai annoncé aux joueuses que le match était annulé, elles m’ont tout de suite répondu : ‘Coach, on ne peut pas s’entraîner à la place ?'”, raconte Santos. “Si mes joueuses demandent à travailler, comment le leur refuser ? Alors, nous nous sommes entraînés. Elles veulent apprendre et progresser. Je trouve cette attitude très motivante. C’est un plaisir de travailler dans ces conditions”, conclut-il.