• Palmeiras affronte Tigres en demi-finales de Qatar 2020
  • Découvrons quelques-unes des meilleures équipes de son histoire
  • Ademir, Edmundo, Rivaldo et Marcos font partie de la légende

“Je pense que c’est incroyable, mais nous voulons que ça devienne historique”, déclarait Gabriel Menino à FIFA.com, juste avant la finale de la Copa Libertadores, au sujet de la saison 2020 de Palmeiras. “Je veux entrer dans l’histoire de cette institution. Chaque fois que je me trouve au siège du club, je regarde les photos des légendes qui ont écrit son histoire, et je me dis que j’aimerais moi aussi y être en photo.”

O Verdão s’apprête à faire son entrée dans la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA™. Le moment est donc propice pour s’intéresser à cinq formations légendaires dont les photos ornent les murs du grand club pauliste.

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Interview: Gabriel Menino

Gloire mondiale pour le “Géant vert”

Année : 1951

Super-héros : Liminha

Héros : Fabio Crippa, Waldemar Fiume, Canhotinho, Jair Rosa Pinto, Rodrigues

Entraîneur : Ventura Cambon

Quelques-unes des plus grandes éminences du football mondial – notamment Jules Rimet, Ottorino Barassi et Stanley Rous – avaient discuté et rêvé d’un championnat du monde des clubs. L’initiative se concrétisera en 1951 au Brésil, qui avait récemment accueilli la Coupe du Monde de la FIFA™. La compétition réunit huit équipes, parmi lesquelles certaines des plus grandes d’Europe, ainsi que le géant uruguayen Nacional et les clubs brésiliens Vasco da Gama et Palmeiras, vainqueurs respectivement du tournoi de Rio et de celui de São Paulo.

Les favoris sur la ligne de départ sont incontestablement la Juventus, avec sa redoutable attaque composée de Karl Aage Hansen, Karl Aage Praest, John Hansen et Giampiero Boniperti, et le Vasco, qui compte dans ses rangs huit joueurs ayant participé avec le Brésil à la Coupe du Monde de l’année précédente. En phase de groupes, les deux clubs confirment leur réputation, le colosse carioca écrasant le Sporting Lisbonne et l’Austria Vienne (5-1), les Turinois de leur côté ne faisant qu’une bouchée de Palmeiras (4-0).

Pourtant handicapé par les blessures, Palmeiras va relever la tête de façon magistrale. En demi-finales, les Paulistes écartent le Vasco en deux manches (2-1 en score cumulé), avant de surprendre la Juve 1-0 en finale aller. Pour le match retour, une dizaine de milliers d’Italiens ont réservé une chambre d’hôtel à Rio de Janeiro, certains que le titre ne pouvait échapper à leurs protégés. À tort. Liminha, jeune joueur de 21 ans qui a débuté le tournoi sur le banc, se révèle déterminant sur la première égalisation brésilienne, avant de se charger lui-même de remettre de l’égalité dans le score (2-2), devant plus de 100 000 spectateurs au Maracana, offrant ainsi le titre à Palmeiras.

L’Academia de Futebol

Années : 1960-73

Super-héros : Ademir da Guia

Héros : Julinho, Djalma Santos, Djalma Dias, Dudu, Cesar Maluco, Luis Pereira, Emerson Leao, Leivinha

Principaux entraîneurs : Filpo Nunez, Aymore Moreira, Mario Travaglini, Osvaldo Brandao

Malgré la présence de Pelé à Santos et d’autres formations impressionnantes dans le football brésilien, Palmeiras remporte pas moins de six championnats nationaux durant cette époque faste, et atteint deux fois la finale de la Libertadores. De façon assez extraordinaire, la totalité de l’effectif palmeirense ainsi que l’entraîneur, l’encadrement technique, les kinés et les masseurs du club, représenteront le Brésil lors d’une victoire 3-0 sur l’Uruguay en 1965.

Surnommé Divino, Ademir da Guia est incontestablement le plus grand joueur de l’histoire du Verdão et l’un des meilleurs footballeurs brésiliens de tous les temps. Quant à l’Academia de Futebol, elle est toujours considérée comme l’une des plus belles équipes dont peut s’enorgueillir le football sud-américain.

“Les gens en ont fait des tonnes au sujet du Barcelone de Guardiola. Nous avons fait exactement la même chose, mais plusieurs décennies plus tôt. L’adversaire ne touchait pas le ballon pendant quatre ou cinq minutes d’affilée. Chaque contrôle était impeccable, chaque passe était parfaite. Nos supporters étaient émerveillés. Ceux de notre adversaire aussi” – Dudu, milieu de terrain brésilien

Retour au sommet

Années : 1993-94

Super-héros : Edmundo, Rivaldo

Héros : Cleber, Roberto Carlos, Cesar Sampaio, Flavio Conceicao, Mazinho, Zinho, Edilson, Evair

Entraîneur : Vanderlei Luxemburgo

Au début de l’année 1993, Palmeiras n’a plus gagné le championnat pauliste depuis 17 ans et celui du Brésil depuis 20 ans. Cette traversée du désert prend fin sous la forme d’un succès 4-0 en finale du Paulistão, grâce en partie à un Zinho au sommet de son art, face au grand rival Corinthians et devant 105 000 spectateurs au Morumbi. Ensuite, des passes décisives de Roberto Carlos et un Edmundo époustouflant permettent au Verdão de remporter le Brasileirão.

Palmeiras défendra confortablement sa couronne dans l’État de São Paulo, avant de recruter Rivaldo au mois d’août 1994. Lui et Edmundo forment un duo infernal, qui permet au club de terminer en tête du championnat du Brésil à l’issue de la saison régulière, avant de battre une nouvelle fois Corinthians, cette fois en finale du Brasileirão.

“Jouer contre Edmundo, ça revenait à commencer le match à 0-1. Mais quand Edmundo et Rivaldo jouaient ensemble, vous aviez de la peine pour leurs adversaires” – Cleber, défenseur de Palmeiras

Quand le mieux n’est pas l’ennemi du bien

Année : 1996

Super-héros : Djalminha, Rivaldo

Héros : Velloso, Cleber, Cafu, Flavio Conceicao, Muller, Luizao

Entraîneur : Vanderlei Luxemburgo

Les stars des titres de 1993 et 1994 sont parties, mais Luxa est revenu à la barre du vaisseau pauliste. Il allait former l’une des équipes les plus envoûtantes de l’histoire du ballon rond.

Le monde en aura un premier aperçu en janvier 1996. Au moment de se rendre au Brésil pour disputer la Copa Euro-America, compétition organisée conjointement par la CONMEBOL et l’UEFA, le Borussia Dortmund est champion d’Allemagne en titre, en tête de la Bundesliga, et futur champion d’Europe. Pour tenter de décrocher le trophée, Ottmar Hitzfeld peut compter sur des vainqueurs d’Italie 1990 comme Stefan Reuter, Andreas Möller et Karl-Heinz Riedle, ainsi que sur Stéphane Chapuisat et sur le Ballon d’Or cette année-là, Matthias Sammer.

Le match sera une démonstration. Dribbles de jeu vidéo, une-deux infernaux, balles en profondeur millimétrées : Dortmund est au supplice. Cafu, qui se demandait récemment au micro de FIFA.com où l’aurait mené sa carrière s’il avait continué au poste de milieu offensif qu’il occupait alors, régale ce jour-là, tout comme Rivaldo, auteur d’un triplé. L’addition ? 6-1 pour Palmeiras.

Avec Djalminha, l’un des plus grands prodiges du football brésilien, Rivaldo et Muller en tenues d’artificiers, Palmeiras inscrit 102 buts en 30 matches, dont 27 victoires, s’adjuge le Paulistão, signe 21 succès d’affilée et atteint la finale de la Copa do Brasil. Pendant les six mois qui précèdent la vente de Rivaldo au Deportivo La Corogne, Palmeiras marque en moyenne 3,06 buts par match.

“Peu d’équipes dans l’histoire du football ont fait paniquer leurs adversaires comme le Palmeiras de cette année-là.” – Cafu, défenseur brésilien

Cafu évoque Ronaldo, Zidane, Ronaldinho & Neymar

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La patience d’un saint

Année : 1999

Super-héros : Marcos

Héros : Junior Baiano, Francisco Arce, Cesar Sampaio, Zinho, Alex, Paulo Nunes

Entraîneur : Luiz Felipe Scolari

Arrivé à Palmeiras en 1992, Marcos a attendu son heure. Et attendu… et encore attendu. Tout le monde lui conseille d’aller voir ailleurs, mais il préfère assurer son rôle de doublure du gardien Velloso, une légende au club.

Mais en 1999, la légende se blesse. L’heure de Marcos est venue. En quelques mois, il devient Saint Marcos.

Dans les deux manches du quart de finale de Libertadores contre Corinthians, le natif d’Oriente écœure ses adversaires, et pose la cerise sur le gâteau en devenant le héros de la série de tirs au but. En demi-finales, il rejoue son récital contre une équipe de River Plate où brillent entre autres Marcelo Gallardo, Javier Saviola et Juan Pablo Angel. Ensuite, il contribue au sacre de Palmeiras contre le Deportivo Cali en finale, en se montrant une nouvelle fois décisif dans la série de penalties.

Les coups-francs et l’inventivité d’Arce, les buts de Junior Baiano (meilleur buteur de Palmeiras dans la compétition cette année-là, avec cinq réalisations depuis son poste de défenseur central), et la créativité d’Alex (21 ans à l’époque) dans son rôle de meneur de jeu, ont également été essentiels dans la conquête du titre continental par O Verdão. Mais nul doute que s’il existe un super-héros parmi ces héros, il s’agit bien de Marcos.

Felipão et Saint Marcos se sont ensuite retrouvés en sélection du Brésil, pour un autre sacre, à Corée/Japon 2002. Marcos passera au total presque 20 ans à Palmeiras et ne connaîtra aucun autre club dans sa carrière.

“Faire tomber la pluie : c’est la seule chose que Marcos n’a pas réussi à faire pendant cette campagne” – Luiz Felipe Scolari, entraîneur de Palmeiras