• WorldCupAtHome se poursuit avec États-Unis – Japon (Canada 2015)
  • Quatre ans après leur défaite en finale d’Allemagne 2011 les Américaines prennent leur revanche
  • Carli Lloyd crève l’écran

Les Américaines attendaient ce moment depuis quatre ans. Les images douloureuses de leur échec contre le Japon en finale de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Allemagne 2011™ étaient encore gravées dans leur mémoire. Arrivées en finale de Canada 2015, les Stars and Stripes retrouvent face à elles les joueuses qui les avaient privées du titre mondial.

📝En bref

États-Unis 5-2 Japon

📍BC Place Stadium, Vancouver (Canada)

📅 5 juillet 2015

⚽️ Buteuses

États-Unis : Carli Lloyd (3′, 5’, 16′), Lauren Holiday (14’), Tobin Heath (54’) | Japon : Yuki Ogimi (27’), Julie Johnston (52’ csc)

Compositions

  • États-Unis : Hope Solo – Meghan Klingenberg, Becky Sauerbrunn, Julie Johnston, Alexandra Krieger – Megan Rapinoe (Kelley O’Hara, 61’), Morgan Brian, Lauren Holiday, Tobin Heath (Abby Wambach, 79’) – Carli Lloyd (C), Alex Morgan (Christie Rampone, 86’)
  • Japon : Ayumi Kaihori – Aya Sameshima, Saki Kumagai, Azusa Iwashimizu (Homare Sawa, 33’), Saori Ariyoshi – Aya Miyama (C), Rumi Utsugi, Mizuho Sakaguchi, Nahomi Kawasumi (Yuika Sugasawa, 39’) – Yuki Ogimi, Shinobu Ono (Mana Iwabuchi, 60’)

🤓Le contexte

Le public canadien se prépare à assister à la revanche de la finale d’Allemagne 2011. Quatre ans auparavant, les Japonaises s’étaient imposées aux tirs au but à l’issue d’une partie chargée en émotions, quelques mois après la catastrophe nucléaire de Fukushima. Si les Nadeshiko voient dans cette rencontre l’occasion de confirmer leur ascension vers les sommets du football féminin mondial, les Stars and Stripes, elles, comptent bien mettre un terme à une longue traversée du désert en Coupe du Monde Féminine, qui dure depuis 16 ans. En outre, les deux équipes se préparent à dire adieux à deux légendes vivantes : Abby Wambach et Homare Sawa ont annoncé qu’elles mettraient un terme à leur carrière à l’issue du tournoi.

⚔️ Les clés du match

Poussées par la majorité des spectateurs du BC Place Stadium de Vancouver, les Américaines prennent d’entrée le jeu à leur compte et ouvrent le score dès la troisième minute, par Lloyd. Deux minutes plus tard, la meneuse de jeu des États-Unis double la mise (2-0).

Sonnées, les Japonaises peinent à réagir et encaissent un troisième but à la quatorzième minute, cette fois par Lauren Holiday. Lloyd s’offre un triplé dans la foulée, sur une frappe tonitruante décochée depuis la ligne médiane (16’). Yuki Ogimi parvient tout de même à réduire l’écart, peu avant la demi-heure de jeu (27’).

Au retour des vestiaires, le ballon continue à circuler rapidement d’un but à l’autre. Les Nadeshiko se prennent à y croire à la 52ème minute, lorsqu’un but contre son camp de Julie Johnston porte le score à 4-2. Mais, dans les deux minutes suivantes, Tobin Heath redonne de l’air aux États-Unis.

⭐️ Une joueuse dans le match

Ironie du sort : après avoir manqué son tir au but en 2011, Carli Lloyd a pratiquement remporté cette finale à elle seule. Très en vue depuis son arrivée au Canada, l’Américaine s’est déjà montrée décisive en quart de finale, contre la RP Chine, puis en demi-finale, contre l’Allemagne. Mais Lloyd avait gardé le meilleur pour la finale, sous la forme d’un triplé historique : deux buts dans les cinq premières minutes, suivis d’un lob parfaitement exécuté depuis la ligne médiane. Plus globalement, elle s’est distinguée par sa disponibilité sur le terrain et sa capacité à dicter le tempo du match. Celle qui n’a pas manqué une minute de jeu au Canada, est repartie avec le Ballon d’Or adidas, qui récompense la meilleure joueuse de la compétition. Auteure de six buts et d’une passe décisive, elle s’est également adjugé le Soulier d’Argent adidas.

🗣 Entendu…

“Quand nous avons marqué d’entrée, je me suis dit : ‘Pincez-moi, je rêve’. Nous voulions attaquer dès le coup d’envoi et presser les Japonaises le plus haut possible. Notre stratégie a parfaitement fonctionné. Bien entendu, je n’imaginais pas un scénario pareil, mais je savais que ces joueuses étaient capables d’une telle performance. Elles sont nées pour ce genre d’exploits.” – Jill Ellis, sélectionneuse des États-Unis

“Mes joueuses ont tout donné à chaque fois et elles ont réalisé un très beau parcours au Canada. Les Américaines étaient très fortes. Au début, presque tous leurs tirs ont terminé au fond des filets, mais nous n’avons jamais renoncé. Nous avons continué à nous battre, mon équipe a couru jusqu’au coup de sifflet final. Nous sommes fiers de notre performance. Il y a quatre ans, nous sommes devenus champions du monde. Cette victoire a énormément contribué au développement du football féminin.” – Norio Sasaki, sélectionneur du Japon

“Dans un match comme ça, il faut prendre des décisions rapides. J’ai joué à l’instinct. Je me souviens d’avoir pris une touche de balle, puis une autre, avant de décider de tenter ma chance d’aussi loin. Avant de tirer, j’ai regardé devant moi et j’ai vu que la gardienne était loin de sa ligne. C’est le genre de geste qui se termine soit par un but d’anthologie, soit par un grand moment de solitude.” – Carli Lloyd, milieu de terrain des États-Unis

🔜 Et après ?

Après avoir survolé Canada 2015, les États-Unis connaissent un retour assez brutal à la réalité dès l’année suivante, lors du Tournoi Olympique de Football féminin. À Rio, leur parcours s’achève sur une défaite aux tirs au but contre la Suède, dès les quarts de finale. Cet échec marque la fin de l’hégémonie américaine sur cette compétition. Lors de la Coupe du Monde Féminine 2019 en France, l’équipe entraînée par Jill Ellis renoue cependant avec le succès et conserve son titre mondial, en s’imposant 2-0 devant les Pays-Bas en finale. De son côté, le Japon, finaliste des deux précédentes éditions, doit faire ses valises dès les huitièmes de finale.