L’année 2006 a marqué un tournant historique pour le football togolais, qui a fêté alors sa première qualification pour la phase finale d’une Coupe du Monde de la FIFA. Cependant, Allemagne 2006 reste à ce jour la seule et unique participation des Éperviers à la compétition reine.

Le Togo a réalisé un parcours impressionnant pour se qualifier, en battant notamment le Sénégal (3-1). Dans la foulée, les Togolais ont arraché le nul (2-2) à Dakar, au match retour. Les Lions de la Teranga étaient alors sur une bonne dynamique. Ils avaient représenté avec honneur le continent lors de Corée/Japon 2002, au lendemain d’une courte défaite aux tirs au but face au Cameroun, en finale de la Coupe d’Afrique de la CAF.

Hasard du destin, le tirage au sort des qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™ propose aux Togolais de croiser à nouveau ces mêmes Lions de la Teranga… dans des circonstances similaires à celles d’il y a 16 ans : vétéran de Russie 2018, le Sénégal a été finaliste de la CAN 2019 en Égypte, où il a perdu le match décisif contre l’Algérie (1-0).

Retrouvailles au programme

“En 2002, les Lions avient réalisé une belle performance avec le défunt Bruno Metsu, ils n’ont pas maintenu leur niveau”, note Claude Le Roy, l’actuel sélectionneur du Togo au micro de FIFA.com. “Quatre ans plus tard, ils ne jouaient plus au même niveau.”

“L’équipe actuelle peut s’appuyer sur de grands joueurs, qui évoluent dans les meilleurs championnats du monde. Ils n’y a pas que Sadio Mané. Il y a aussi Coulibaly, l’un des défenseurs les plus solides de la planète, et Idrissa Gueye, qui est un grand milieu de terrain”, précise l’expérimenté technicien français. “C’est un peu bizarre. Chaque fois, on pense qu’ils vont être sacrés champions d’Afrique, mais ils ratent toujours le coche en finale.”

Le Roy semble conscient du défi qui attend les Éperviers face aux hommes d’Aliou Cissé : “Si nous voulons avoir une chance de nous qualifier, il faut qu’on réalise un sans-faute dans les qualifications. En tant que vice-champion d’Afrique et une des équipes les plus fortes du continent, le Sénégal est logi le grand favori dans notre groupe !”

Un travail enfin récompensé ?

Claude Le Roy est à la tête de l’équipe togolaise depuis 2016. Pendant ces quatre ans, il a essayé de développer le football dans tout le pays. Au-delà de sa mission de sélectionneur national, le Français contribue à la formation des entraîneurs des catégories inférieures, en apportant son savoir-faire pour aider au développement du football au Togo.

Ceci dit, sa grande priorité reste l’équipe nationale. “Nous avons une nouvelle génération et mon objectif est de continuer à travailler avec ce groupe. Sans le coronavirus, nous serions sur le point d’achever le programme de préparation que nous avions mis en place pour poursuivre le travail commencé il y a des années”, assure-t-il. “Mon but est d’aider cette équipe à atteindre la maturité footballistique, que ce soit avec moi ou avec un autre entraîneur à l’avenir. Ma philosophie consiste toujours à laisser une base solide après mon départ.”

Entre expérience et assistance

C’est l’expérience qui parle. La première aventure africaine dans le parcours de Le Roy en tant qu’entraîneur remonte à 1985, au Cameroun. “Entraîner en Afrique, c’est très exigent. Il faut travailler dur et garder les pieds sur terre. Pour réussir sur ce continent, il faut se servir de son éducation, de ses connaissances, de sa culture et de son expérience. L’important ici est d’aider les joueurs à se développer sans complaisance”, estime-t-il.

Au fil de ses expériences africaines, Le Roy a passé le flambeau à plusieurs de ses assistants : on pense notamment à Hervé Renard, deux fois champion d’Afrique, à Kwesi Appiah, qui a mené le Ghana à la Coupe du Monde Brésil 2014, ou encore à Sébastien Mignié, actuellement à la tête de la Guinée-Equatoriale. “Le succès de ces entraîneurs fait chaud au cœur”, confie-t-il. ” Depuis le début de ma carrière, j’ai toujours partagé toutes mes connaissances avec mes assistants. J’ai toujours eu à cœur de contribuer à leur succès.” Mais il y a Le Roy… et des héritiers !