• Nicole Kozlova a failli mener l’Ukraine à la qualification pour l’EURO féminin
  • Elle espère faire mieux dans les qualifications pour la Coupe du Monde Féminine 2023
  • “Nous ne sommes pas les meilleures, mais nous nous battons jusqu’au bout”, annonce-t-elle

Après l’échec de l’Ukraine dans la course à la qualification pour l’UEFA EURO féminin, Nicole Kozlova est amère. En barrage, l’Ukraine a chuté face à l’Irlande du Nord (4-1) et le rêve d’une deuxième participation au rendez-vous européen après 2009, s’est envolé. Mais quand une porte se ferme, une autre s’ouvre. Le 30 avril dernier, le tirage au sort des qualifications européennes a lancé l’Ukraine sur la route de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2023™.

“Bien sûr, je suis déçue, mais il ne sert à rien de se lamenter une fois que les jeux sont faits. Les qualifications pour la Coupe du Monde vont commencer en automne. C’est le début d’un nouveau cycle. Il faut penser à progresser et essayer de corriger nos erreurs”, confie-t-elle à FIFA.com. “Il y en a eu et maintenant, il s’agit de se retrousser les manches afin de ne plus les commettre à nouveau. Nous devons nous mettre au travail pour atteindre le prochain palier. C’est indispensable, si nous voulons être plus compétitives. Je ressens beaucoup de frustration. J’ai l’impression d’être passée à côté d’une occasion en or et je ne sais pas du tout quand la prochaine se présentera. Maintenant, il faut oublier tout ça, repartir de l’avant et voir ce que nous pouvons construire ensemble.”

Dans les qualifications mondialiste, les Ukrainiennes affronteront l’Espagne, l’Écosse, la Hongrie et les Îles Féroé. Les Espagnoles partent avec une longueur d’avance, mais pour Kozlova, avec le bon état d’esprit, l’Ukraine aura sa chance. “On ne peut pas aborder la compétition en se disant qu’on ne peut rien faire. Au contraire, il faut tout faire pour gagner, être opportunistes et, si une autre occasion en or se présente, se tenir prêtes à la saisir”, annonce-t-elle.

L’Ukraine, qui occupe la 31ème place du Classement mondial féminin FIFA/Coca-Cola, ne partira pas favorite, mais l’équipe entraînée par Nataliia Zinchenko a des arguments à faire valoir. “Chaque fois qu’un match passe à la télévision, nous le regardons et nous l’analysons ensemble. Nous lisons beaucoup de livres sur tel ou tel entraîneur, tel ou tel système de jeu…”, assure la joueuse de 21 ans, passionnée de chiffres, qui étudie la modélisation informatique et l’analyse des données à l’université. “Toute cette passion fait plaisir à voir. Nous ne sommes peut-être pas les meilleures techniquement, mais nous nous battons jusqu’au bout.”

Avance personnelle et retard national

Sur le plan individuel, Kozlova apporte son énergie et une certaine expérience. Née à Toronto, l’attaquante évolue aux États-Unis, sous les couleurs de Virginia Tech, où elle suit un entraînement de pointe. “Les équipes universitaires sont très physiques. Dès qu’on intègre le groupe, les tests se succèdent. Toute la préparation s’articule autour de la vitesse d’exécution. Il suffit de regarder l’équipe nationale pour s’en rendre compte. Les filles imposent un pressing tout-terrain pendant 90 minutes ; ça réclame un certain niveau d’endurance”, estime Kozlova, qui cite une condition physique irréprochable, une intensité maximale et beaucoup de vivacité comme étant ses principaux atouts.

Internationale depuis 2019, Kozlova reste consciente des avantages que lui offrent sa situation personnelle, entre les États-Unis et le Canada. Dans son pays d’origine, de telles conditions restent inaccessibles, même si le football féminin évolue dans la bonne direction. “Dans un premier temps, nous essayons de nous faire connaître. Si les filles ne jouent pas au football, nous ne pouvons pas élargir notre réservoir de talent”, admet-elle. “Le nombre de joueuses qui passent professionnelles reste très faible. Même lorsqu’il y a une base assez large, le nombre de joueuses ne cesse de se réduire à mesure que le niveau augmente. En Ukraine, nous avons besoin de cette base et, pour le moment, nous ne l’avons pas vraiment. Mais les choses commencent à bouger. La décision a été prise récemment d’obliger toutes les équipes professionnelles masculines à se doter d’une section féminine”, conclut-elle.