• Le tirage au sort des éliminatoires de la CAN Féminine 2022 aura lieu ce 10 mai
  • La compétition servira de tournoi qualificatif pour la Coupe du Monde Féminine de la FIFA
  • Il y a trois ans, le Nigeria avait battu en finale l’Afrique du Sud de Thembi Kgatlana

C’est avec un mélange de satisfaction et de déception que l’Afrique du Sud a achevé la dernière Coupe d’Afrique des Nations Féminine de la CAF, il y a trois ans. En atteignant la finale de l’épreuve continentale, elle était parvenue à se qualifier pour sa première Coupe du Monde Féminine de la FIFA. Mais pour la cinquième fois de son histoire, elle avait échoué sur la dernière marche, face au Nigeria (0-0, 4 tab 3).

“Cela va finir par nous sourire”, assure au micro de FIFA.com Thembi Kgatlana, désignée meilleure joueuse et buteuse (5 buts) de cette CAN 2018. “Cela fait longtemps que le Nigeria domine les débats (il a remporté 11 titres sur 13), mais j’ai le sentiment que les choses commencent à changer. D’ailleurs, les Nigérianes nous ont battues en finale, aux penalties, mais nous les avions vaincues lors de notre entrée en lice (0-1). Et il n’y pas que nous. La concurrence est de plus en plus forte en Afrique.”

De fait, pas moins de 20 équipes de plus qu’à la CAN 2018 seront sur la ligne de départ de la prochaine édition de l’épreuve. Et quatre tickets pour la Coupe du Monde Féminine seront en jeu, en plus de deux tickets pour des barrages intercontinentaux. Cela laissera donc davantage de possibilités à des néophytes d’imiter les Banyana Banyana qui étaient vierges de toute participation à la Coupe du Monde avant France 2019.

Le saviez-vous ?

Parce qu’elles viennent du même continent, parce que leur talent est immense, parce qu’elles évoluent toutes deux en Espagne (l’une à Eibar, l’autre au FC Barcelone), Thembi Kgatlana et la Nigériane Asisat Oshoala sont souvent comparées l’une à l’autre. “C’est une bonne joueuse, qui a beaucoup d’expérience, mais je ne la considère pas comme une rivale”, explique Kgatlana. “Nous sommes des joueuses différentes. C’est comme comparer Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. Ils sont de fantastiques joueurs avec des particularités qui leur sont propres. Pourquoi devoir choisir l’un ou l’autre ?”

Un premier but à défaut d’un premier tour

“En termes d’ambiance, de niveau, et de passion, rien n’est comparable à une Coupe du Monde. C’est le summum”, confie-t-elle. “C’est un rêve pour toute joueuse de représenter son pays au plus haut niveau. Et c’est extraordinaire d’avoir l’opportunité de se mesurer aux meilleures joueuses du monde et d’évoluer parmi elles. Moi, c’est en tout cas ce que je veux, encore et encore et encore…”

Les trois défaites essuyées par les Sud-Africaines lors de France 2019 (3-1 contre l’Espagne, 1-0 contre la RP Chine et 4-0 contre l’Allemagne) n’ont donc pas atteint outre mesure le moral de la championne. Il faut dire qu’elle a décroché un joli lot de consolation en marquant contre l’Espagne : elle restera dans l’histoire comme étant la première Sud-Africaine à avoir inscrit un but en Coupe du Monde.

“On attendait depuis tant d’années de pouvoir décrocher ce billet pour le Mondial. Des années de préparation, d’espoirs, de déception… Nous y sommes parvenues et inscrire un but pour notre première participation a été la cerise sur le gâteau”, explique Kgatlana. “Ce but, je m’en rappellerai toute ma vie. Je saurai vous dire au détail près comment il a été construit. Il était vraiment important que l’on marque et cela a un peu soulagé notre peine de n’avoir pas réussi à passer le premier tour. Bref, ce but a une place à part dans ma collection”.

Un titre à défendre, et un à gagner

Et des buts, Thembi Kgatlana en a pourtant inscrit à foison, et partout ! Car au-delà de ses 59 matches internationaux (19 buts) disputés en grande partie sur le continent africain, elle a évolué en Amérique du Nord (Etats-Unis / Houston Dash), en Asie (RP Chine / Beijing BG Phoenix) et en Europe (Portugal / Benfica, puis Espagne / Eibar). Un parcours pas si étonnant quand on sait que l’attaquante de 25 ans est diplômée en tourisme.

“Je prends beaucoup de plaisir à évoluer Espagne, mais c’est vrai que j’en prends peu importe où je vais, tant que je joue au football”, assure-t-elle, avec ses 10 réalisations au compteur en 21 matches sous le maillot d’Eibar. “Partout où je vais, j’ambitionne d’être la meilleure, aux entraînements comme en match. C’est toujours plus facile d’y arriver quand on évolue dans une équipe qui comprend mon football, comme celle où je suis actuellement. Après la saison dernière à Benfica court-circuitée par la pandémie de Covid-19, je suis heureuse de pouvoir m’exprimer à nouveau sur un terrain.”

Cela tombe bien, car le programme à venir s’annonce chargé pour Kgatlana. En plus des matches de Liga à venir chaque week-end, de nombreuses échéances l’attendent avec l’Afrique du Sud. Il y a notamment un titre à défendre dans le Championnat Féminin du COSAFA… et un à aller chercher : à la CAN !

Thembi Kgatlana of South Africa poses for a portrait