Qatar 2022 – #Plusquedeuxans

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  • Coup d’envoi de Qatar 2022 dans deux ans
  • Interview exclusive du capitaine qatari Hasan Al Haydos
  • “Nous attendons tous ce jour depuis que le Qatar a été désigné pays hôte”

Dans deux ans, tous les regards seront braqués sur le Qatar pour la cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde de la FIFA 2022™

La cérémonie d’ouverture commencera à 12h55, heure locale, avant que l’équipe du Qatar et son premier adversaire n’entrent sur la pelouse de l’Al Bayt Stadium, devant 60 000 personnes en liesse. Le speaker de cet étonnant stade en forme de tente arabe traditionnelle demandera alors aux spectateurs de se lever pour l’hymne du pays hôte.

Les joueurs et les supporters chanteront d’une même voix, qui s’élèvera du terrain pour se répercuter à travers tout le pays. Les caméras s’attarderont sur les stars des Annabi, comme Hasan Al Haydos, Saad Al Sheeb, Akram Afif ou encore Almoez Ali.

Cette scène correspond sans doute à ce qu’espèrent la majorité des amateurs de football pour la fin de l’année 2022, mais qu’en est-il du capitaine qatari Hasan Al Haydos ? Comment imagine-t-il ces instants ? Quelles émotions s’attend-il à ressentir ? FIFA.com a rencontré en exclusivité le joueur d’Al Sadd, qui devrait porter le brassard lors de la phase finale, pour évoquer cet événement historique.

Hiroki Sakai of Japan battles for possession with Hasan Al Haydos of Qatar© Getty Images

Nous sommes à deux ans exactement du coup d’envoi de la Coupe du Monde de la FIFA™. Comment envisagez-vous ce 21 novembre 2022 ?

L’événement ressemblera probablement beaucoup à la description que vous en avez faites, mais je vis ça à chaque fois que je porte le maillot de l’équipe nationale. Mes coéquipiers et moi-même, nous avons hâte de disputer ce match d’ouverture. J’espère que nous serons prêts le 21 novembre 2022. J’imagine que nous nous retrouverons dans la matinée, le sourire aux lèvres, avec la même question : “Et toi, tu as réussi à dormir ?” Heureusement, je ne pense pas que le sommeil sera un gros problème. Je crois que nous aurons de l’énergie à revendre. Tous les joueurs seront sûrement impatients d’aller au stade pour écire un nouveau chapitre de la grande histoire du Qatar.

Comment vous représentez-vous le trajet jusqu’à l’Al Bayt Stadium ?

Quand je ferme les yeux, je vois des rues d’Al Khor pleines de supporters venus de toute la ville. Je vois des drapeaux qatariens sur les voitures et les maisons. Les gens nous font des signes. Sur place, il n’y a pas un siège de libre et à mesure que le coup d’envoi approche, la tension devient de plus en plus palpable. Ça n’a rien d’étonnant. Nous attendons tous ce jour depuis que le Qatar a été désigné pays hôte de la Coupe du Monde, en 2010.

En arrivant au stade, vous effectuerez votre échauffement et vous vous regrouperez comme d’habitude ?

Pour être honnête, nous avons déjà participé à beaucoup de matches importants. Mais, cette fois, ce sera différent. Je ne sais pas du tout ce que je ressentirai ce jour-là, mais je suppose que la pression va monter au fil des minutes. L’échauffement aura certainement pour effet de décupler notre motivation car nous allons voir les supporters et nous les entendrons chanter pour nous. Les dernières minutes avant le coup d’envoi seront sûrement les meilleures. Quand nous nous donnons la main avant de fouler la pelouse de l’Al Bayt Stadium, l’hymne national commence à retentir. On entend les paroles qui résonnent d’un bout à l’autre du stade. Comme toujours, les joueurs chanteront l’hymne national en chœur. C’est une motivation supplémentaire. J’espère avoir la chance de vivre ces moments uniques.

Parlez-nous un peu des ambitions des Annabi dans cette compétition.

Nous ne voulons pas nous contenter de faire de la figuration. Nous avons bien l’intention de montrer de quoi nous sommes capables. Notre objectif sera de prendre les points nécessaires pour passer la phase de groupes, même si nous savons que ça ne sera pas facile. Lors des précédentes éditions, quelques grosses équipes ont été éliminées dès le premier tour. Nous allons tout faire pour ne pas ajouter notre nom à cette liste.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du Qatar ces dernières années ?

Il y a 17 ans, la fédération a lancé un vaste programme. Elle s’est fixé des objectifs, elle a ouvert l’académie Aspire et elle a commencé un travail de détection à grande échelle. En 2014, le Qatar a gagné la Coupe d’Asie U-19 et il s’est qualifié pour la Coupe du Monde U-20 de la FIFA, Nouvelle-Zélande, 2015. Les meilleurs joueurs de cette génération ont logiquement intégré l’équipe nationale. Au fil des matches et des stages, nous avons construit une équipe capable de rivaliser avec les meilleurs et de gagner des titres. Après notre élimination au premier tour de la Coupe d’Asie 2015, nous avons remanié le groupe. Nous avons beaucoup progressé en quatre ans et, comme vous l’avez vu, nous avons logiquement remporté le titre continental en 2019.

Felix Sanchez, manager of Qatar celebrates with Abdelaziz Hatim, Hasan Al Haydos and Saad Al Sheeb of Qatar© Getty Images

À ce propos, quel est, selon vous, l’ingrédient essentiel de votre sacre en Coupe d’Asie de l’AFC ?

Nous avons vécu des événements contrastés dans ce tournoi. Pour la première et peut-être la seule fois, nous avons joué sans le soutien de nos fans en tribunes. Nous étions conscients de nos responsabilités et nous savions à quel point les Qatariens comptaient sur nous. Nous avons pu nous en rendre compte grâce aux réseaux sociaux et aux nombreux appels de nos proches, qui nous ont fait partager cette ferveur. Après chaque victoire dans les matches à élimination directe, nous rentrions à l’hôtel pour suivre les festivités au Qatar. Nous avons ainsi pu mesurer l’importance de ce que nous étions en train de réussir.

Vous avez réalisé un superbe parcours, au cours duquel vous n’avez concédé qu’un but. Vous avez en outre fini avec la meilleure attaque du tournoi. Quel est le secret de ce succès ?

Nous nous étions promis de donner le maximum à chaque sortie. C’est ce que nous avons fait. Nous avons tout laissé sur le terrain. Notre concentration était à son maximum. Nous avons abordé chaque match et chaque adversaire de la façon la plus professionnelle qui soit. Nous savions toujours ce que nous avions à faire en pénétrant sur le terrain et nous avons finalement dépassé les objectifs que nous nous étions fixés. Nous avions la meilleure attaque et la meilleure défense. Nous avons raflé la majorité des récompenses individuelles, notamment celles réservées au meilleur joueur et au meilleur gardien.

Avec le recul, je pense que nous avons attaqué du début à la fin contre la Corée du Nord (6-0) et nous avons été d’une efficacité redoutable face à l’Arabie Saoudite (2-0). Nous avons arraché la victoire face à l’Irak et à la Corée du Sud (1-0 à chaque fois), mais nous avons dominé notre sujet en demi-finale face aux EAU, comme en témoignent nos quatre buts inscrits. En finale face au Japon, nous avons pris le jeu à notre compte d’entrée et nous avons marqué deux buts. Dans ce contexte, nous avons défendu notre avantage en seconde période, avant d’inscrire un troisième but.

Abdulkarim Al-Ali, Abdelaziz Hatim, Saad Al Sheeb, Hasan Al Haydos and Abdelkarim Hassan of Qatar celebrates with the AFC Asian Cup trophy© Getty Images

Pensez-vous que la Coupe d’Asie 2019 reste une référence pour les joueurs et l’encadrement technique ?

Nous avons démontré que nous pouvions nous adapter à plusieurs scénarios : attaquer, défendre, profiter des faiblesses de l’adversaire, conserver le ballon le plus longtemps possible avant d’attaquer, frapper de loin ou encore passer par le centre. Je tiens à remercier tous mes partenaires, qui ont parfaitement respecté les consignes techniques et tactiques de nos entraîneurs. Je les félicite de leurs performances. Nous avions tous les outils nécessaires et grâce à Dieu, nous sommes devenus invincibles. Le travail de l’équipe technique a payé durant ce tournoi. Nous avons gagné le titre et je crois que tout le monde a été impressionné par ce que nous avons réalisé.

En Coupe du Monde, vous allez rencontrer d’autres adversaires…

C’est vrai et c’est la raison pour laquelle nous avons mis en place un grand programme de préparation, qui nous permettra d’anticiper plusieurs situations. Par exemple, pendant la Copa America 2019, nous avons affronté trois équipes de premier plan (l’Argentine, le Paraguay et la Colombie). Peu de temps auparavant, nous avions joué en amical face au Brésil. Cette année, nous allons défier le Ghana et le Costa Rica, en marge des qualifications pour la Coupe d’Asie 2023. Nous participerons encore à la Copa America en 2021, ainsi qu’à la Gold Cup de la Concacaf. Ensuite, il y aura la Coupe Arabe en fin d’année.

Tous ces tournois et ces matches vont nous permettre d’emmagasiner de l’expérience. Nous aurons bientôt l’habitude d’affronter de grandes équipes dans différentes configurations. Ce sont d’excellentes occasions pour les plus jeunes d’entre nous de se préparer pour le grand rendez-vous. En 2022, je pense que nous jouerons d’autres matches importants avant la Coupe du Monde.

Qu’avez-vous à dire aux joueurs, aux équipes nationales et aux supporters qui se rendront au Qatar ?

J’ai envie de leur dire : soyez les bienvenus ! Vous allez vivre une expérience fantastique et vous allez assister à la plus belle Coupe du Monde de tous les temps. Le Qatar est un endroit parfait pour le football.

Les joueurs et les équipes vont participer à un tournoi extraordinaire. Les hôtels, les terrains d’entraînement et les stades sont à proximité les uns des autres, ce qui réduira la fatigue. Toutes les conditions seront réunies pour donner le meilleur de soi-même. Beaucoup de grands noms sont venus à Doha pour se faire une idée de l’ambiance. Certains ont participé à des compétitions plus réduites, comme la Coupe du Monde des Clubs en 2019. Dans moins de trois mois, d’autres footballeurs vont faire la même expérience lors de la prochaine édition, prévue en février.

Les supporters vont découvrir, quant à eux, des stades exceptionnels. Ils vont en outre avoir la chance d’assister à deux matches par jour, qui plus est dans des conditions optimales. Je suis sûr qu’ils apprécieront la diversité du Qatar, la mer, le désert, mais aussi les marchés modernes et traditionnels. Toutes ces merveilles sont connectées par un réseau de routes et de chemins de fer de très haut niveau. En bref, le Qatar est prêt à vous enchanter.