• Tigres est le club le plus titré de la dernière décennie au Mexique.
  • Ferretti est aux commandes depuis le début de cette ère dorée.
  • “Tout le monde en rêve”, confie-t-il au sujet du sacre à Qatar 2020

Pour Ricardo Ferretti, la troisième fois aura été la bonne. Son premier passage sur le banc de Tigres, entre 2000 et 2003, n’avait donné lieu à aucun titre. En 2006, il avait repris les commandes pour 27 matches. Puis il est revenu en 2010, année à partir de laquelle tout a changé.

Alors que Tigres était menacé de relégation, Ricardo “Tuca” Ferretti s’est vu confier un projet de longue haleine. Au-delà d’assurer le maintien, il s’agissait de faire retrouver à Tigres le haut du panier.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a rempli sa mission.

Depuis sa prise de fonctions, le club a remporté neuf titres : cinq Ligas Mx, une Copa MX et trois trophées de Campeón de Campeones (décerné au vainqueur du match entre les champions d’ouverture et de clôture). Le seul titre manquant au cours de cette décennie est la Ligue des champions de la Concacaf, compétition dont il avait perdu trois fois la finale.

“Malgré ces trois défaites en finale, on gardait l’intention de gagner la compétition. Pendant dix ans, l’équipe a montré de très belles choses. Sur ces trois finales que nous avons perdues, ça s’est joué à des faits de matches, comme souvent. On a même perdu aux tirs au but alors qu’on menait au score. Le fait d’avoir gagné cette compétition nous débarrasse de cette pression superflue qui pesait sur nous. Maintenant, nous allons essayer de faire une belle performance à la Coupe du Monde des Clubs”, indique Ricardo Ferretti.

Ricardo Ferretti, en bref

  • Né le 22 février 1954 à Rio de Janeiro (Brésil).
  • Il est arrivé au Mexique en 1977 pour jouer sous les couleurs d’Atlas.
  • Outre Tigres, il a aussi entraîné Pumas, Guadalajara, Toluca et Morelia. Il a assuré l’intérim à la tête de l’équipe du Mexique entre 2015 et 2018.
  • Seul Javier de la Torre a passé davantage de temps à la tête d’un club mexicain que Ferretti (10 ans à ce jour). De la Torre est resté 13 ans aux commandes de Guadalajara, entre 1960 et 1973.

Les Felinos disposent des armes nécessaires pour briller à la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Qatar 2020™. “Le point fort de mon équipe, c’est l’équilibre entre l’attaque et la défense. Nous avons des joueurs très expérimentés, très forts mentalement et techniquement, qui trouvent des solutions sur le terrain alors qu’il semble ne pas y en avoir. Mon équipe est prête et elle peut s’appuyer depuis de nombreuses années sur un noyau très solide.”

Cette équipe compte bien entendu des têtes d’affiche, au premier rang desquelles le Français André-Pierre Gignac, meilleur buteur de l’histoire du club et atout offensif numéro un de Tigres. Mais Tuca est trop expérimenté pour ne pas savoir que le collectif prime sur les individualités. “Personnellement, je n’aime pas parler d’un ou deux joueurs. Il s’agit d’une équipe. Une institution qui possède de très bons joueurs, qui ont un super état d’esprit. Ce que j’aime par-dessus tout chez eux, c’est leur volonté de se mettre au service de l’équipe.”

Ambition et talent

À 66 ans, c’est un Ferretti au sommet de son art et de sa maturité qui s’apprête à officier dans la plus grande compétition de sa carrière. Une carrière débutée en 1991 et au cours de laquelle il n’a pas passé une seule saison sans club.

“J’aime mon métier. Ce sport fait partie des plus belles choses qui existent au monde. Je me sens privilégié d’en être l’un des acteurs. Je me sens privilégié d’y exercer depuis 53 ans, depuis mes débuts en tant que joueur jusqu’à aujourd’hui. Je ne m’ennuie jamais car j’adore ce que je fais, car le football est ma passion. Le jour où je sentirai que je ne suis plus à fond dedans, je me mettrai en retrait.”

En tout cas, tout est prêt pour clôturer en beauté une décennie dorée au cours de laquelle Tigres a pratiquement tout gagné. Il ne reste plus qu’à ajouter la cerise sur le gâteau, avec un sacre au niveau international. Alors quel visage montrera Tigres dans cette quête de trophée mondial au Qatar ?

“Je respecte tous les adversaires. Tous les clubs ont le même objectif : faire une grande compétition et décrocher le titre. Tout le monde en rêve mais au final, il n’y aura qu’un club vainqueur. J’espère que nous, en plus des rêves, nous aurons de l’ambition et du talent. Nous aborderons tous nos matches, à commencer par le premier, avec le bon état d’esprit, sans sous-estimer personne. Au fur et à mesure que nous avancerons dans la compétition, les choses se compliqueront de plus en plus, mais nous garderons cette mentalité, en respectant tout le monde mais en ne craignant personne.”