Régulièrement, FIFA.com se penche sur l’histoire de la Coupe du Monde de la FIFA™ en analysant une image légendaire du tournoi. Aujourd’hui, nous vous présentons Diego Maradona dans une tenue inhabituelle.

Ce visage et ce maillot, tout le monde les connaît. En revanche, leur association a quelque chose d’étrange. Comment le célèbre maillot auriverde du Brésil a-t-il bien pu se retrouver sur les épaules de cet homme, véritable icône du football argentin ?

Pour trouver la réponse, il faut se tourner vers une autre star de l’époque. Fer de lance de l’attaque brésilienne en 1990, Careca a évolué aux côtés de Diego Maradona à Naples. Les deux hommes étaient très liés et le Pibe de Oro n’a jamais caché son admiration pour son collègue. Il avait même pratiquement exigé son recrutement auprès des dirigeants napolitains. “Il vous faut ce type-là”, leur aurait-il dit. Les Italiens ont dû débourser 3,5 millions de dollars pour l’arracher à São Paulo, faisant de lui le joueur brésilien le plus cher de son temps. L’investissement s’est cependant révélé très rentable puisque Careca a naturellement trouvé sa place au sein de l’extraordinaire ligne d’attaque napolitaine, surnommée Ma-Gi-Ca (Diego Maradona – Bruno Giordano – Careca).

Au moment d’aborder la Coupe du Monde de la FIFA, Italie 1990™, le Brésilien vient d’offrir une Coupe de l’UEFA et un Scudetto à son club. Maradona ne tarit pas d’éloges à son sujet : “Plus on le frappe et mieux il joue. Il devient encore plus dangereux dans ces conditions”. L’admiration du meneur de jeu argentin pour l’attaquant brésilien est telle qu’il ne peut masquer son inquiétude à l’heure d’affronter la Seleção en huitième de finale. “Les Brésiliens sont très forts”, se lamente Maradona. “Plus forts que nous.”

Une amitié solide

Les faits vont se charger de lui donner raison. Le Brésil domine de la tête et des épaules un match au cours duquel Dunga, Alemão – un autre Napolitain – et l’intenable Careca touchent tour à tour du bois. Mais l’Argentine résiste et à neuf minutes du coup de sifflet final, Maradona fait basculer le sort de la rencontre sur un coup de génie dont il a le secret. Après avoir récupéré le ballon dans sa moitié de terrain, il se lance dans une course folle, élimine trois défenseurs brésiliens et, alors que quatre adversaires se rapprochent, délivre une passe millimétrée en direction de Claudo Caniggia, qui inscrit l’unique but de la partie. “Cette merveille a complètement anéanti les Brésiliens”, dira plus tard Maradona.

En revanche, l’Argentin se montre intraitable face à ceux qui soupçonnent l’un de ses coéquipiers d’avoir fait preuve de complaisance à son égard. “J’ai été agacé en lisant dans la presse brésilienne qu’Alemão ne m’avait pas taclé parce que nous étions partenaires à Naples”, écrit-il dans son autobiographie. “C’est ridicule ! Mon accélération l’a pris au dépourvu et il n’a rien pu faire pour m’arrêter.”

Au coup de sifflet final, Maradona se tourne vers Careca et non vers Alemão pour le traditionnel échange de maillots. “Je l’ai appelé au téléphone hier”, confie-t-il après la partie. “Je lui ai dit qu’une amitié ne pouvait pas se briser en 90 minutes.” De fait, leur amitié survivra à cette confrontation intense à Turin. En revanche, les cœurs brésiliens resteront brisés, jusqu’à l’édition suivante, en 1994, où ils soulèveront le trophée.