• Les Tigres retrouvent la Ligue des champions ce 15 décembre
  • Luis Rodriguez veut aller au Qatar en 2021 et en 2022
  • “Tous les matches à venir vont être des finales”, annonce-t-il

Aujourd’hui, tout va enfin bien dans la vie de Luis Chaka Rodriguez. Il s’apprête à jouer les quarts de finale de la Ligue des champions de la CONCACAF avec Tigres, commence à gagner la confiance de Gerardo Tata Martino en équipe nationale et surtout, sa famille a laissé derrière elle de vieux problèmes de santé.

Avant d’arriver à Tigres en 2016, Chaka quitte Monterrey pour chercher à consolider sa carrière professionnelle à San Luis d’abord, puis à Chiapas. Alors qu’il vivait loin de chez lui, la pire des nouvelles est tombée. “Ma femme a eu un cancer en 2015. Elle a suivi un traitement pendant un an, avec chimio et rayons. Elle faisait des allers-retours à Monterrey pour se faire soigner. Aujourd’hui on en parle avec plus de légèreté mais sur le moment, c’est un défi énorme pour la personne qui vit ça et pour sa famille”, raconte-t-il.

Cela a sans aucun doute servi à forger son caractère et à modeler sa vie. “Cela m’a aidé à mûrir dans plusieurs domaines. Nous voyons la vie très différemment maintenant”, admet-il. “Nous savons que nous sommes ici aujourd’hui, mais que demain tout peut changer. Nos priorités sont différentes, nos goûts aussi, tout comme les choses auxquelles nous prêtons attention.”

De retour au bercail

Pour être plus proche de sa famille, Rodriguez n’a donc pas hésité à revenir à Monterrey et à s’engager avec Tigres, le grand rival de l’équipe avec laquelle il a fait ses débuts. “Honnêtement, je voulais revenir aux Rayados, parce que c’est de là que je viens. Mais je commençais aussi de rêver d’aller aux Tigres. Je me disais que ce serait bien car ça restait dans ma ville. Ça me plaisait aussi pour ce que représente Tigres, et j’aime bien leurs supporters. J’appréhendais parce que je sais à quel point l’entraîneur Ricardo Ferretti est strict et exigeant. Je connaissais aussi la qualité de l’effectif. Il y a de la concurrence à tous les postes…”

Rodriguez a logiquement dû se battre pour se faire une place dans une équipe bien établie, ne pas désespérer du peu de temps de jeu qu’il obtenait, et enfin pour devenir titulaire. “J’ai eu beaucoup de mal à trouver du temps de jeu. Ici, il y a toujours deux ou trois joueurs par poste, donc ça a été très dur d’intégrer le onze de départ”, reconnaît-il. “J’ai toujours su que le défi allait être plus difficile ici que dans d’autres équipes. Mais je parlais avec mon père et avec ma femme et je leur disais que la seule chose qui pouvait m’arriver, c’était qu’en étant entouré d’autant de bons joueurs, j’allais forcément progresser et que dans le pire des cas, je pourrais m’imposer dans une autre équipe.”

Maturité et revanche

Cette maturité sera l’un des principaux atouts de Tigres dans la quête de la Ligue des champions de la CONCACAF, après s’être incliné trois fois en finale au cours des cinq dernières années, pour s’ouvrir les portes de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. “Je suis extrêmement motivé”, annonce Rodriguez. “J’ai failli gagner la Ligue des champions avec Monterrey et je suis parti peu avant d’aller à la Coupe du Monde des Clubs, donc j’ai une petite revanche à prendre et j’aimerais bien le faire avec Tigres.”

La première étape de cette revanche sera New York, une équipe sur laquelle les Felinos possèdent un but d’avance suite à un match aller déjà lointain dans les mémoires. Il avait été disputé le 11 mars dernier, avant l’arrêt de toutes les compétitions en raison du Covid-19. “Cette longue interruption n’est ni un avantage, ni un handicap. Pour personne. Ce sera un match très important et nous savons que toutes les équipes ont la même chose en tête. En quelques matches vous pouvez gagner cette Ligue des champions et aller au Mondial des clubs. Ce qui est sûr, c’est que tous les matches à venir vont être des finales”, prévient-il.

Après trois finales perdues en 2016, 2017 et 2019, le chemin reprend en direction d’un sacre qui échappe à une équipe pourtant coutumière des trophées. “Nous avons déjà joué plusieurs finales et nos erreurs, devant comme derrière, nous ont coûté cher”, regrette Rodriguez, décidé à faire d’une pierre deux coups. “J’aimerais beaucoup jouer cette Coupe du Monde des Clubs et si cela arrive, je marquerai des points par rapport à la sélection. Mon objectif est d’abord d’aller au Qatar pour la Coupe du Monde des Clubs, et d’y retourner en 2022 avec l’équipe nationale”, conclut-il.