• Hansi Flick remporte la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA avec le Bayern Munich
  • Adjoint de Joachim Löw lors du sacre de 2014, il devient champion du monde des clubs
  • Retour sur l’année folle du technicien allemand

En supervisant la victoire du Bayern Munich en finale de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA 2020™, Hansi Flick a permis à son équipe d’égaler les six titres remportés par le FC Barcelone. Toutefois, le technicien allemand de 55 ans établit au passage un autre record, beaucoup plus personnel : il est en effet le premier entraîneur à inscrire son nom au palmarès de la Coupe du Monde des Clubs (depuis 2000) et de la Coupe du Monde de la FIFA™ (en tant qu’adjoint de Joachim Löw, en 2014).

Sacré à quatre reprises champion d’Allemagne avec le géant des bords de l’Isar, Flick fréquente un temps les sélections de jeunes, sans jamais être convoqué en équipe d’Allemagne. Au lendemain de la Coupe du Monde 2006, il intègre l’encadrement technique de la Mannschaft, en tant qu’adjoint du nouveau sélectionneur, Joachim Löw. Les deux hommes s’entendent à merveille. Plus discret dans les médias, Flick bénéficie pourtant d’une grande autonomie dans son travail.

Son influence se fait particulièrement sentir en 2014. Faute de temps, Löw a souvent laissé de côté la préparation des coups de pied arrêtés dans les grandes compétitions internationales ; Flick souhaite au contraire en faire une question centrale. “Nous voulons insister sur l’importance des coups de pied arrêtés, surtout dans des compétitions où les écarts sont aussi minces”, confie l’intéressé, qui n’hésite pas à prendre conseil auprès de spécialistes du sujet en Bundesliga.

Par défi, Löw parie à son adjoint que l’Allemagne ne marquera pas sur coup de pied arrêté lors de Brésil 2014. Le perdant s’engage à inviter le gagnant à dîner. Au bout du compte, les futurs quadruples champions du monde trouvent à quatre reprises le chemin des filets sur coup franc ou sur corner, notamment lors du nul (2-2) contre le Ghana en phase de groupes, contre la France (1-0) en quart de finale et face au Brésil (pour l’ouverture du score), en demi-finale. “Nous avons travaillé cet aspect de façon intensive, quitte à en sacrifier d’autres. Il ne reste plus à Jogi qu’à tenir parole. J’attends son invitation avec impatience”, s’amuse Flick après coup. On imagine que le sélectionneur allemand n’a pas eu à se faire prier.

Suite à ce sacre, notre homme occupe diverses fonctions au sein de la DFB puis au 1899 Hoffenheim, avant d’atterrir au Bayern Munich en qualité d’adjoint de Niko Kovač lors de la saison 2019/20. Il prend seul les commandes de l’équipe à compter du mois de novembre, un événement qui marque le début d’une série de succès sans précédent : 32 matches sans défaite, un titre de champion d’Allemagne, une Coupe d’Allemagne, une Ligue des champions de l’UEFA, une Super Coupe de l’UEFA, une Super Coupe d’Allemagne et la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA.

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Triomphe tactique

Le nouvel homme fort du Bayern ne tarde pas à imposer ses idées. Sous son impulsion, ses joueurs pressent davantage, grâce notamment à une défense placée nettement plus haut sur le terrain. Il profite en outre habilement de l’interruption due à la pandémie de Covid-19 pour bien préparer la seconde phase de la Ligue des champions. Au cours de cette période, il veille soigneusement à conserver l’adhésion de son effectif, en animant son groupe avec empathie et justesse. “Dès le début, il nous a mis en confiance en nous faisant des retours très positifs. Nous avions le sentiment d’être invincibles”, explique Joshua Kimmich.

Lauréat de la Coupe du Monde des Clubs 2002 avec les Corinthians, le Brésilien Tite pourrait imiter Flick en remportant Qatar 2022. Zinedine Zidane a gagné la Coupe du Monde en tant que joueur (1998) et la Coupe du Monde des Clubs en tant qu’entraîneur (2016 et 2017). Il est tout à fait envisageable de voir un jour l’ancien meneur de jeu des Bleus mener son pays au titre suprême dans la plus prestigieuse des compétitions. Mais pour l’heure, Hansi Flick est le seul à avoir accompli cet exploit.