• Steve Clarke a offert à l’Écosse sa première qualification pour une compétition internationale depuis 23 ans
  • Son équipe débutera son parcours dans l’UEFA EURO 2020 contre la République tchèque
  • Clarke évoque son travail sur le plan psychologique et de mauvaises habitudes

Très ému, les larmes aux yeux et le visage enfoui dans ses mains, Ryan Christie a sans doute parlé au nom de tous les Écossais lorsqu’il s’est exclamé : “Ça suffit ! Je n’en peux plus !” L’Écosse venait de valider son billet pour l’UEFA EURO 2020, après avoir survécu à une égalisation dans le temps additionnel et à une éprouvante séance de tirs au but en Serbie, mettant ainsi fin à 23 ans d’absence en phase finale d’un grand tournoi, en l’occurrence la Coupe du Monde de la FIFA, France 1998™

“Cette qualification est arrivée au bon moment car nous traversions une période très difficile”, reconnaît Steve Clarke, le sélectionneur écossais, interrogé par FIFA.com. “Le pays était confiné, nous étions au milieu de l’hiver et il n’y avait pas beaucoup de raisons de se réjouir. Beaucoup de gens commençaient à perdre pied. La qualification et la joie qu’elle a procuré à nos compatriotes nous ont fait beaucoup de bien.”

“C’était agréable de voir les gens sourire à nouveau”, poursuit-il. “Cet épisode est venu nous rappeler la place qu’occupe le football dans le cœur des Écossais. Il est populaire aux quatre coins du monde, mais il a une place à part ici.”

Scott McTominay of Scotland celebrates during the UEFA EURO 2020 Play-Off Final between Serbia and Scotland at Rajko Mitic Stadium on November 12, 2020 in Belgrade, Serbia.

Corriger les faiblesses, optimiser les forces

Grâce au rythme soutenu du programme de vaccination national, les supporters seront aussi de la fête, même si leur nombre sera réduit. Le 14 juin prochain à Hampden, ils seront présents pour encourager leur équipe contre la République tchèque, en ouverture de l’EURO. “Même avec 12 000 fans, je sais que la Tartan Army va mettre de l’ambiance en tribunes”, assure Clarke. “C’est important pour les joueurs aussi. Ils n’en seront que plus motivés.”

En quête d’équilibre, l’Écosse peut compter sur son sélectionneur, discret et réservé, pour tempérer l’enthousiasme de ses joueurs. Ancien international, Clarke a fait ses classes en tant qu’adjoint de grands noms comme José Mourinho ou Kenny Dalglish. Depuis sa nomination en 2019, il tente de corriger les points faibles et d’optimiser les forces de ses joueurs, sans jamais se départir de sa mesure ni de sa rigueur.

Sport, Football, pic: 22nd March 1988, Friendly International in Valetta, Malta 1, v Scotland 1, Steve Clarke, Scotland

Confiance, performance, résultats

À son arrivée, l’effectif ne manquait pas de talent, mais il souffrait de déséquilibres : on y trouvait deux latéraux de haut niveau sur le flanc gauche (Andrew Robertson et Kieran Tierney), de solides milieux centraux, mais peu d’attaquants ou de défenseurs centraux convaincants. Clarke a accompagné le développement des internationaux déjà en place, en s’attachant parallèlement à convaincre Lyndon Dykes et Che Adams, nés respectivement en Australie et en Angleterre, de s’engager avec l’Écosse. Sur le plan tactique, son approche flexible et pragmatique a fait ses preuves.

“J’ai dû modifier un peu mon système. Normalement, je préfère utiliser une défense à quatre, mais j’ai constaté qu’une défense à trois serait plus efficace, compte tenu de nos qualités”, analyse-t-il. “Je tenais également à intégrer Lyndon et Che au sein du groupe. Ils nous ont permis de diversifier nos options en attaque et d’élargir l’éventail de nos options. Les joueurs qui étaient déjà là ont vu que ces arrivées ont tiré l’équipe vers le haut. Cette dynamique génère de la confiance, qui génère de meilleures performances, qui génèrent de meilleurs résultats.”

En l’absence de ses milieux défensifs Ryan Jack et Kenny McLean, blessés juste avant le début de l’EURO, Clarke va devoir changer à nouveau ses plans. “Nous avons d’autres bons milieux de terrain, avec d’autres caractéristiques”, poursuit l’entraîneur, qui a convoqué Billy Gilmour et David Turnbull, deux profils plus offensifs, pour les remplacer. “À moi de trouver le bon équilibre entre la solidité défensive et la créativité en attaque. De toute façon, pour aller loin dans ce tournoi, il faudra marquer des buts.”

Scotland Head Coach Steve Clarke is seen during a training session at Oriam on October 07, 2019 in Edinburgh, Scotland. 

Voir plus loin

Si l’Écosse se réjoui de cette première phase finale depuis près d’un quart de siècle, Clarke, lui, est déjà tourné vers l’avenir, à savoir les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA™ et un match important en septembre au Danemark. “Les résultats sont encourageants, mais il reste encore quelques domaines dans lesquels nous pouvons progresser. C’est la raison pour laquelle nous essayons de profiter au maximum du temps dont nous disposons actuellement. Ce travail nous sera utile pour l’Euro, mais aussi en vue des matches de qualification de cet automne.”

“En fonction des résultats lors de cette séquence – Danemark à l’extérieur, Moldavie à domicile et Autriche à l’extérieur -, l’Écosse aura une indication sur sa possibilité de retrouver l’épreuve mondiale. “Quand j’étais plus jeune, la présence de l’Écosse dans les grandes compétitions était une évidence. Les deux dernières décennies sont là pour nous rappeler que tout peut changer très vite”, tempère Clarke. “C’est pour cette raison qu’il était important de participer à l’EURO et qu’il est tout aussi important d’être du voyage au Qatar. Il faut continuer sur cette lancée. Je ne veux surtout pas nous voir retomber dans nos mauvaises habitudes, comme lorsque nous étions résignés à ne plus nous qualifier. La solution pour éviter une rechute, c’est de réussir un bon Euro et de valider notre ticket pour le Qatar”, conclut-il.