The Best FIFA Football Awards

© Believe is out now on Sugar / Decca Records
  • Andrea Bocelli donne son avis sur le meilleur joueur du monde.
  • Le ténor se remémore les sacres italiens à Espagne 1982 et Allemagne 2006
  • Il évoque sa prestation dans le stade de Leicester City et You’ll never walk alone.

Luciano Pavarotti accepta la mort dans l’âme de renoncer à une potentielle carrière dans les cages pour en poursuivre une autre dans le chant lyrique. Et devenir l’un des plus grands ténors de l’histoire. À l’instar de son idole, Andrea Bocelli a grandi dans l’amour du calcio et de la musique. À l’âge de cinq mois, un glaucome congénital lui a été diagnostiqué. Et à 12 ans, il a perdu la vue de façon définitive après avoir pris un ballon dans l’œil alors qu’il jouait dans les cages.

Cela ne l’a pas empêché de devenir l’un des artistes musicaux ayant vendu le plus de disques dans l’histoire. Son duo avec la soprano britannique Sarah Brightman, Time to Say Goodbye (Con Te Partirò), est l’un des singles les plus vendus de tous les temps. Cela ne l’a pas empêché non plus de poursuivre son histoire d’amour avec le ballon rond.

Avant les The Best FIFA Football Awards™, que vous pouvez suivre en direct sur FIFA.com le 17 décembre à 19h00 CET, Bocelli évoque tout ce qui touche au football.

Andrea, vous êtes un supporter de l’Inter Milan depuis votre adolescence dans les années 1960. Qui étaient vos idoles et qu’est-ce qui a déclenché votre passion pour ce club ?

J’aime le football depuis que je suis enfant. À cette époque, à l’internat, j’écoutais Tutto il calcio minuto per minuto (Tout le football minute par minute) sur un poste radio à l’internat. C’est la grande passion de tous les Italiens. On ne s’en défait jamais. C’est une façon de prolonger l’enfance, même à mon âge. Quand je suis devenu un supporter acharné de l’Inter, il y avait une grosse équipe, qui gagnait tout. Nous avions un effectif fantastique dont je me souviens parfaitement, comme tout fan de l’Inter qui se respecte : Sarti, Burgnich, Facchetti, Bedin, Guarneri, Picchi, Jair, Mazzola, Domenghini, Suarez, Corso.

Partagez-vous cette passion pour l’Inter avec votre famille ?

J’ai transmis ça à mes deux fils, Amos et Matteo, et je reconnais que j’essaie de faire pareil avec ma fille de huit ans, Virginia, même si elle ne semble pas particulièrement intéressée. Ça a été très éprouvant d’être supporter de l’Inter ces dernières années car c’est une équipe qui fait toujours souffrir. Il y a quelques grands joueurs que j’admire vraiment dans l’effectif actuel : Romelu Lukaku, par exemple, car il met toujours du cœur dans ce qu’il fait sur le terrain, et Alessandro Bastoni, qui est aussi un ami, Stefan de Vrij, et la nouvelle recrue, Achraf Hakimi.

Comment décririez-vous l’atmosphère dans un stade de football par rapport à celle des salles de concert ? Cela éveille-t-il des émotions différentes chez vous ?

Le poids des responsabilités est très différent. Dans un stade, même s’il y a beaucoup de passion, je suis un simple supporter, alors qu’en concert, c’est moi qui dois mettre le ballon au fond à chaque fois, sans commettre d’erreur. En dehors de cela, le football peut éveiller les mêmes sentiments que ceux qui vous envahissent dans un opéra, par certains aspects. Dans son sens du rituel, sa capacité à générer un fanatisme sain et un tribalisme exacerbé, le football est un reflet de la vie sous forme de jeu. Il évoque les défis face à la mort, des élans de générosité et d’héroïsme, des incidents de parcours fatals et des victoires magnifiques. Dans les deux cas, c’est un jeu, mais un jeu qui est pris très au sérieux. Un jeu qui passionne et qui émeut, qui unit et qui divise. La scène d’un opéra, comme un terrain de football, est une arène peuplée de héros. Les acteurs du rêve que nous choisissons de vivre, des funambules qui courent, miment des batailles, livrent des prestations de virtuoses, aiment et haïssent, tombent et se relèvent, sont exposés au jugement des gradins, le tout en équilibre précaire entre gloire et défaite.

Selon vous, qui est le meilleur joueur du monde à l’heure actuelle ?

Je dirais que c’est un mélange subtil entre Ronaldo et Messi. Peut-être que Messi est le meilleur sur le plan technique, alors que Ronaldo est supérieur sur le plan athlétique.

Quel est votre premier souvenir de la Coupe du Monde ?

Mon premier souvenir précis remonte à 1970, quand l’Italie a atteint la finale au Mexique en battant l’Allemagne de l’Ouest 4-3 dans un match légendaire qui est encore surnommé “Le match du siècle”. Malheureusement, nous avions perdu en finale face au Brésil de Pelé.

Que pensez-vous des chances de l’Italie pour le prochain UEFA EURO et la prochaine Coupe du Monde ?

Ce sont deux événements très importants dans le football international. Espérons que nous puissions les vivre en toute sécurité, en ayant le plaisir de pouvoir de nouveau s’embrasser et exulter ensemble dans les stades. Je ne vais pas m’aventurer à faire des pronostics, mais étant de nature optimiste et patriote, j’ai la conviction que j’aurai d’excellents résultats à fêter.

Entre celui d’Espagne 1982 et celui d’Allemagne 2006, lequel de ces deux sacres mondiaux de l’Italie vous a le plus fait vibrer ?

Les deux m’ont fait vibrer. En 1982, la victoire a été plus nette, bien entendu. En Espagne, nous méritions pleinement de gagner et nous nous sommes imposés largement face à une grande Allemagne de l’Ouest. En 2006, j’ai suivi la Coupe du Monde avec mes fils et ça a été très fort en émotions. Mais nous avons gagné aux tirs au but, in extremis, sur un penalty de Fabio Grosso. Deux très grands moments à vivre, mais deux moments très différents.

Vous avez chanté dans le stade de Leicester City après le sacre du club en Premier League sous les ordres de Claudio Ranieri. D’où est venue l’idée de cette prestation ?

C’était un moment unique et très agréable à vivre, à cheval entre le football et mon sens du patriotisme. J’ai été vraiment subjugué par le parcours de Leicester. Ils ont vécu un authentique conte de fées grâce à leur talent et leur collectif. C’est une leçon de vie. Cela nous rappelle une grande vérité : avec la volonté, tout est possible. Et c’est un compatriote, Claudio Ranieri, qui a été à la tête de cette aventure. Donc j’ai demandé son numéro à mon ami Javier Zanetti. Et je l’ai appelé directement pour lui dire toute mon admiration et lui proposer de chanter pour son équipe. Nous avons fixé une date et par chance, elle a coïncidé avec une journée de célébrations sensationnelles : leur premier dimanche en tant que vainqueurs de la Premier League, au King Power Stadium.

L’un des titres de votre nouvel album, Believe, est le célèbre You’ll Never Walk Alone. Pourquoi l’avoir choisi ?

C’est l’une des chansons les plus émouvantes et appréciées de l’histoire du football, mais je l’ai choisie en raison de la spiritualité profonde qu’elle exprime. C’est une chanson qui rassemble les gens, qui réchauffe le cœur des foules. Et c’est une sorte de déclaration d’amour, de solidarité collective, d’unité pendant les périodes sombres. Elle m’a semblée parfaite pour Believe, un album qui est né au cours d’une année difficile, avec l’idée de créer une série de titres qui apaiseraient les âmes. Des titres variés, sans contraintes de style ou d’époque, mais chacun, à son façon, capable d’offrir à celui qui l’écoute la motivation de trouver sa propre dimension spirituelle, de se mettre à l’écoute de son raisonnement.

Vous aviez un lien d’amitié avec Luciano Pavarotti. En 1990, Nessun Dorma est devenu l’identité musicale de la Coupe du Monde en Italie. Quelle œuvre véhicule selon vous, par le biais de ses paroles, le côté dramatique du football ?

On pourrait presque dire que Nessun Dorma est la signature de Luciano Pavarotti. En plus d’être l’hymne de la victoire pour tous les ténors, son aria, avec ce ‘Vincerò‘ (je gagnerai) passionné, répété trois fois, résumait à la fois la personnalité rayonnante du Maestro Pavarotti et son existence. La décision de faire de cet air de Puccini le thème musical officiel de la Coupe du Monde a été une idée extraordinaire de par sa puissance et son efficacité, une idée que j’approuvais pleinement. Je me souviens de moi, passionné de football et jeune chanteur d’opéra tentant de se faire un nom, littéralement scotché à la télévision. J’ai été marqué par le fait que cette expérience, cette décision si brillante et judicieuse, dans sa simplicité, touche les gens, rende l’opéra à son public, restaure une image de jeune chanteur d’opéra, ou plutôt de ténor, qui s’était peu à peu perdue au fil du temps.

Rappel :

Tous les lauréats, y compris ceux du Prix des supporters de la FIFA et du la distinction du Fair Play, de la FIFA seront couronnés le 17 décembre 2020 lors d’une émission télévisée diffusée en direct qui commencera à 19h (CET).

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