À l’occasion de l’anniversaire de la finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Japon/Corée 2002™, FIFA.com revient sur la résurrection d’un Ronaldo qui, jugé perdu pour le football, conduira le Brésil à une cinquième couronne mondiale.

Le 12 novembre 2001, Ronaldo était au trente-sixième dessous. Le Brésil s’apprêtait à disputer le tour final des qualifications de la Zone Amérique du Sud pour la Coupe du Monde de la FIFA, Japon/Corée 2002™. Dans un groupe composé de quatre nations, la sélection auriverde visait l’un des deux billets qualificatifs pour le grand rendez-vous asiatique.

Handicapé par une énième blessure au genou, le buteur de 25 ans s’était vu signifier que le tournoi se disputerait sans lui en cas de qualification de la Seleção. Il ne lui restait plus qu’à prier pour que les siens ne manquent pas la première phase finale mondiale de leur histoire. La chance sourit d’abord aux Brésiliens, avec une victoire 3-0 face au Venezuela grâce à un doublé de Luizão, suivie d’autres résultats convaincants. Elle sourit encore davantage à Ronaldo, auteur d’un rétablissement spectaculaire et sélectionné in extremis par Luiz Felipe Scolari. Après deux ans et demi passés sans quasiment toucher un ballon, le Fenômeno s’envolait finalement pour la 17ème édition de la Coupe du Monde de la FIFA™.

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Toutefois, on accorde peu de chances au Brésil face à des nations comme la France, championne du monde en titre, la brillante Argentine ou encore la redoutable Italie. Pis encore, tout le monde juge Ronaldo incapable de faire la différence. Indifférents à ces supputations, les Brésiliens entament le tournoi tambour battant. Grâce notamment à quatre buts de leur buteur vedette, ils alignent trois succès d’affilée face à la Turquie (2-1), à la RP Chine (4-0) et au Costa Rica (5-2) pour terminer premiers de leur groupe. En huitième de finale, Ronaldo trouve de nouveau la cible face à la Belgique, dominée 2-0. Muet en quart de finale face à des Anglais battus 2-1, le génial attaquant se rattrape face aux Turcs au tour suivant en signant l’unique but de la rencontre.

Le 30 juin, le Brésil se retrouve donc en finale face à l’Allemagne. Dominés par les hommes de Rudi Völler durant la première heure de jeu, les Brésiliens sauvegardèrent le 0-0. À la 67ème minute, Ronaldo trébuche sous la charge de deux adversaires. Contre toute attente, le natif de Rio de Janeiro se relève aussitôt, subtilise le ballon à Dietmar Hamman avant de le glisser intelligemment à Rivaldo. La frappe des 20 mètres du gaucher brésilien, mal repoussée par Oliver Kahn, trouve un Ronaldo trop heureux de donner l’avantage à la Seleção.

Au panthéon des meilleurs

La Nationalmannschaft tente bien de réagir, mais ses espoirs sont réduits à néant à 12 minutes du coup de sifflet final. Kleberson déborde sur le flanc droit et centre pour Rivaldo, qui laisse passer le ballon entre ses jambes pour Ronaldo. Après un contrôle parfait à l’entrée de la surface, le Fenômeno glisse le ballon à ras du poteau gauche, hors de portée des gants du malheureux portier allemand. “On m’avait dit que je n’aurais pas dû le sélectionner, qu’il n’avait aucune chance d’être prêt physiquement et dans le rythme”, avait commenté Scolari. “Sauf que Ronaldo était capable de marquer les yeux fermés. Il a réussi un tournoi fantastique et il a su faire la décision au moment le plus important, alors que la pression en finale devenait irrespirable.”

Et Mario Zagallo de renchérir : “Ils pensaient que Ronaldo était fini, qu’il ne jouerait plus jamais. Il a su leur prouver qu’ils avaient tort, et de la plus belle des manières. J’ai eu la chance de jouer aux côtés de Pelé en 1958 puis de l’entraîner en 1970. J’ai aussi connu le bonheur d’évoluer avec Garrincha en 1962. La performance de Ronaldo lors de cette édition 2002 est de ce niveau, au panthéon des meilleures performances individuelles jamais réussies en Coupe du Monde”.